LE HIP HOP SUR ECOUTE

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Planet Asia – ‘Black Belt Theatre’

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Pour son nouvel album ‘Black Belt Theatre’, Planet Asia a décidé de s’entourer d’une atmosphère très Blaxploitation portée par des samples de Soul à n’en plus finir le tout saupoudrée de Kung Fu. Un projet vraiment très différent de son précédent LP en commun ‘Pain Language’ (2008) avec DJ Muggs, 2 albums incomparables si ce n’est de retrouver l’un des MCs les plus habile au mic et une référence personnelle dans ce domaine depuis pas mal d’années. Même si au premier abord l’analyse de la tracklist me faisait un peu peur avec pas moins de 20 morceaux et autant d’invités, les premières écoutes me rassurent rapidement et le concept développé sur ce projet l’emporte sur la longueur de celui-ci et ces quelques autres défauts.

Dirtydiggs se retrouve à la production de la moitié des titres, un beatmaker qui sur cet opus en particulier me fait penser à un mélange plus ou moins réussie des philosophies/références de Madlib et RZA, il tient la ligne directrice de ce projet et signe plusieurs très bons moments avec les ‘Grown Folks Talkin‘, ‘Fuck Rappers’, ‘Diamond Life’, ‘Mach One’ et autre ‘Coons’. Encore une fois Twiz The Beat Pro se fait remarquer en bien avec 3 grosses prods complètement différentes d’une efficacité hallucinante (‘All Mine’, ‘Big Fish’ et ‘External Motives’), même verdict pour Soul Professa et Oh No qui sans surprise nous livrent quelque chose de très fidèle au concept de cet album avec respectivement ‘Bruce Lee’ et ‘No Apologies’. Pour finir le tour des très bons beats je complète avec ‘The Line Of Fire’ (Brisk Oner) et surtout ce ‘Whirlwind Patterns’ de Rel!g!on, le reste manque quand même un peu de mordant pour moi.

Quand Jason Green prend le mic on touche à ce qu’il y a de mieux dans le rap game, et peu de monde oseront me contredire sur ce point, le MC Californien a pour habitude de faire planer une certaine autorité sur ses morceaux, quand le monsieur parle on l’écoute attentivement… A l’image du titre ‘Lost And Found’, PA fait sur cet album une large revue d’effectif de tous les sujets brûlants qui touchent ou ont touché la société avec aussi des morceaux plus légers et divertissants. Avec autant d’invités et de morceaux il est dur pour moi de dire que j’écoute cet album du début à la fin avec le même plaisir, il y a des hauts et des bas mais on reste toujours dans une moyenne satisfaisante. Avec des si (scies) on coupe du bois mais on aurait pu aussi faire un album plus court et peut être plus accessible, et donc plus marquant à mon avis, et si…

Au départ même si pour ce nouvel LP de Planet Asia je m’attendais plus à un projet dans le style du ‘Cats & Dogs’ d’Evidence (avec tout le gratin des gros beatmakers de l’underground, alignant boucherie sur boucherie), le concept et les risques pris par PA pour nous donner quelque chose de différent de ce qu’il a déjà fait dans le passé, donne un charme particulier à ce bon ‘Black Belt Theatre’ dont son impact dans le temps restera quand même certainement limité pour moi, juste une histoire de goût comme toujours.

Note: 7/10

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Rédigé par matic

26 mars 2012 à 12:00

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Kyo Itachi & Ruste Juxx – ‘Hardbodie Hip Hop’

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Ruste Juxx qu’on avait laissé en 2010 avec 2 sorties en moins de 6 mois, le must have ‘The eXXecution’ en collaboration avec Marco Polo et ce projet ‘Adamantine’ avec Endemic, est de retour avec un 3ème album MC/Beatmaker intitulé ‘Hardbodie Hip Hop’ avec à ses côtés cette fois-ci le beatmaker Français Kyo Itachi. La recette est encore une fois très simple et surtout très Hip Hop comme certains l’aiment, un MC brut de décoffrage au flow tranchant et un producteur qui a pris comme bonne habitude d’envoyer pas mal d’ogives sonores ces dernières années. Sur ce projet qui porte décidément bien son nom, les 2 artistes se font plaisir et le moins que l’on puisse dire c’est que ce sentiment est partagé avec l’auditeur.

Le début d’album est sensationnel que ce soit l’intro, ce morceau ‘Boom Bap Goon Rap’ et cette arme de destruction massive ‘Hot Shit For U’ avec une entrée de cuivre vraiment traumatisante et rugissante!!!! Dans le même genre que ce dernier titre le ‘Darkest Nights’ avec Blaq Poet et Dirt Platoon qui n’a pas grand chose à lui envier, un western nocturne rythmé dont l’efficacité en fait l’un des highlights de ce LP tout comme le solide ‘Hardest From The Underground’ sur lequel le flow de Juxx s’adapte à la perfection. Au niveau des invités de ce projet je ne dirais pas que c’est le point fort de cet opus, notamment cette fin d’album assez inégale sur lequel je ne retiendrais finalement que ce beat video game ‘Strapped Wit A Whut!’ avec Little Vic juste au refrain. Le gros featuring est signé R.A. The Rugged Man sur le très bon morceau ‘No Prints’ et il faut quand même signaler ce ‘Three The Squad Way’ avec Vinnie Paz et Rock, ainsi que le ‘Ryder Man’ avec Sime Auto.

Au bout de quelques écoutes je commence naturellement à faire mon tri dans la tracklist en laissant quelques titres de côté qui ne sont pas mauvais ni inécoutable mais dont l’impact n’atteint pas ceux cités plus haut. L’ensemble reste cohérent, que ce soit pour le taff de Ruste Juxx ou celui de Kyo Itachi, qui en 16 morceaux nous livrent un produit brut qui respire et cogne le Hip Hop. Ce ‘Hardbodie Hip Hop’ est certes moins complet pour moi que le ‘The eXXecution’ avec Marco Polo mais beaucoup plus convainquant que le ‘Adamantine’ avec Endemic, un bon projet avec quelques boucheries mémorables qui vont tourner en boucle.

Note: 7/10

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Rédigé par matic

19 mars 2012 à 18:15

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Copywrite – ‘God Save The King’

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Avec son nouvel album ‘God Save The King’, Copywrite effectue une transition en douceur entre ses précédents projets (dont le dernier en date, l’excellent ‘The Life and Times of Peter Nelson’) et ses futures sorties qui seront orienté très Christian rap comme il l’annonçait il y a quelques mois. Cet opus sert de pont pour relier le début de sa carrière avec sa suite, sans trop perdre ses fans qui le suivent depuis pas mal d’année dans ses aventures solo mais aussi avec son groupe MHz. Les adeptes du bonhomme ne seront pas trop déboussolés avec ce LP qui jongle habillement entre 2 approches distinctes sur lequel on retrouve tous les ingrédients qui font de cet artiste de l’Ohio un des MCs underground les plus en vue de ces 3 dernières années.

C’est un Copywrite toujours aussi provoquant qu’on retrouve en début d’album avec des morceaux comme ‘Love’ et ‘Swaggot Killaz’ qui épinglent une certaine catégorie de rappeurs qui se cachent derrière des mots (swag) tout aussi vague que leur vocabulaire. La suite de ce projet est beaucoup plus personnelle à travers des titres comme ‘Sorrow’ (où il évoque encore une fois la mort de ses parents) et le magnifique ‘J.O.Y.’ concocté par Jason Rose. Si cet album ‘God Save The King’ n’offre pas la même unité que son prédécesseur, il regorge de très bons morceaux en tout genre que ce soit ce ‘Union Rights’ avec son crew MHz, cette version 2012 ‘Yo! MTV Raps!’ du hit ‘Money For Nothing’ (1985) du groupe Dire Straits ou cette collaboration ‘Golden State (Of Mind)’ avec Casual, Evidence et Roc Marciano qui offre un point de vue visiteur/résident de l’état Californien.

Le très politique ‘White Democrats’ avec Mac Lethal fait aussi partie de ces bons titres tout comme, et ce n’est pas une surprise, ce ‘Synesthesia’ produit par RJD2 dont l’association avec Copywrite est toujours une grande réussite et il faut absolument citer le bijou ‘Workahol’ avec un Stu Bangas à la prod très inspiré! Les 2 derniers morceaux ‘Got To Make It’ et ‘A Talk With Jesus’ sont à l’image de ce que vers quoi se dirigera Copywrite dans le futur au niveau des thèmes et des ambiances. Ce ‘God Save The King’ marque une nouvelle étape dans la carrière musicale de cet artiste, un projet qui avec ses défauts n’en reste pas moins une sortie de qualité avec une sélection des beats très efficace à la hauteur des noms des beatmakers présent dans les crédits

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

11 mars 2012 à 12:25

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Sean Born – ‘Behind The Scale’

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Après quelques années plutôt discrètes Kev Brown continue sur la lancée de son projet ‘Alexander Green’ avec Kaimbr sortie l’année dernière, avec cette fois-ci une nouvelle association avec un des autres membres de son Low Budget Crew, Sean Born. Un album dont le beatmaker de Landover produit 10 des 15 morceaux, le reste étant confié à un mélange Low Budget/Mello Music Group très séduisant composé de Oddisee, Kenwood, Quatermaine et Dunc (DTMD). L’un des premiers projets du label MMG orienté vraiment très street life, mais on est loin de ces albums lambda glorifiant le crime et la violence à gogo, dans ce LP intitulé judicieusement ‘Behind The Scale’ Sean Born nous décrit l’autre côté de cette vie rarement plaisante qu’il connaît bien. Les titres des différents morceaux sont assez explicites et ne laissent pas vraiment de doute sur le contenu : ‘Go Hard’, ‘Murdaland’, ‘Take It & Run’ nous montrent les différents aspects et composantes d’un style de vie assumé et revendiqué avec en point d’orgue le grind anthem très réussie ‘Pluck Em Off’ concocté par Oddisee. Les autres beatmakers qui viennent épauler Kev Brown sont aussi à leur avantage sur ce projet, que ce soit l’excellent ‘DrugsAlcoholSex’ de Dunc ou les 2 beats de Kenwood avec le cinématique ‘Queen Anne’ et ce ‘Lights On’ de bonne facture.

Ce ‘Behind The Scale’ reste rythmé par les nombreux coups d’éclats de Kev Brown qui allume la mèche dès le début de cet opus avec le grandiose ‘Grandeur’ qui lance parfaitement cet album, dans un genre différent son ‘Skeez’ fait aussi des ravages mais que dire du ‘Bullshit’ et surtout du monumental ‘Pour Out Liquor’ placé logiquement en fin de projet, un premier et un dernier morceau qui justifient à eux tous seules l’association Sean Born/Kev Brown. Le offbeat du MC du Maryland rajoute un charme particulier à l’univers de ce projet au style très gritty années 90 qui n’est pas sans rappeler les gros albums de mon enfance sous fond de story telling dans la lignée d’un projet comme le populaire ‘Only Built 4 Cuban Linx’ de Raekwon. Très peu de featuring sur cet opus dont les différents morceaux ne dépassent quasiment jamais les 3 minutes 30, Kaimbr (‘DrugsAlcoholSex’) et Hassaan Mackey (grosse performance sur ‘Bullshit’) suffisent largement à alimenter cette saga urbaine, 2 artistes qu’on retrouve aussi sur le bonus track ‘12/12’ aux côtés de Toine. Sean Born nous offre avec son ‘Behind The Scale’ une plongée derrière l’envers du décor qui n’a rien d’inédit mais qui sur le fond et la forme (avec l’aide de Kev Brown) arrive à se démarquer de ce qu’on a déjà entendu un certain nombre de fois (clin d’œil, la version CD est elle aussi divisée en 2 parties: Side One et Side Two).

Note: 8/10

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Rédigé par matic

17 février 2012 à 00:05

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Ski Beatz – ‘24 Hour Karate School Presents Twilight’

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Depuis sa “renaissance” artistique Ski Beatz ne s’arrête plus, à l’image de son année 2011 riche en sortie avec notamment le volume 2 de sa série ‘24 Hour Karate School’ mais aussi des projets en commun avec Murs, Locksmith et autres Tabi Bonney. Une omniprésence qui fait suite à son retour au premier plan en 2010 sur la lancée des 2 ‘Pilot Talk’ de Curren$y dont il est un des acteurs majeurs pour ne pas dire essentiel (on aura du mal à avoir le ‘Pilot Talk III’ depuis que le MC de la Nouvelle Orléans a signé sur major…). C’est le jour de la Saint Valentin que Ski Beatz a décidé de sortir une extension intitulé ‘Twilight’ de sa série ‘24 Hour Karate School’, un projet qui n’apporte rien de plus par rapport aux 2 précédents, qui avec leurs défauts restaient quand même de bonnes compilations avec quelques très bons morceaux. On retrouve les MCs habituels de la bande avec quelques petits nouveaux comme C Plus (‘Heaven Is’), Mac Miller (‘Time Goes’) et Sam Adams (‘On’), pas grand-chose de sensationnel à l’image de tout cet album qui se laisse certes bien écouter mais dont il est dur de s’extasier vraiment sur tel ou tel morceaux même si l’ambiance laidback/jazzy de la plupart des beats de Ski reste toujours très agréable (voir ‘Gentlemens Quartely’ de Stalley et le ‘City Lights’ de Najee).

L’entourage Jet Life est toujours dans son élément sur des beats de Ski Beatz, que ce soit Trademark Da Skydiver et Mikey Rocks sur ‘Living It Up’ ou Smoke DZA sur le très bon ‘Fly High’, de loin mes 2 titres préférés de ce projet, rien de très enivrant par contre avec le ‘Fly By’ de Curren$y (Spitta et Ski ont fait beaucoup mieux ensemble). Que dire du morceau ‘Hip Hop And Love’ de Murs et Tabi Bonney qui était déjà présent sur les derniers albums respectifs (produit par Ski Beatz) de ces 2 MCs, une 3ème apparition sur tracklist pour ce titre qui en dit long sur l’ambition affichée de cette compilation… Ce ‘24 Hour Karate School Presents Twilight’ fait partie de ces projets gratuits qu’on sort pour occuper l’actualité et en profiter pour vider son tiroir d’unreleased, le problème c’est que dans ce cas là des gens essayent de nous le vendre… Le beatmaker de la Caroline du Nord a sortie assez de très bons projets ces 3 dernières années pour qu’on ne gâche pas notre argent sur ce ‘Twilight’ moyen qui n’arrivera qu’à trouver un amour très limité même chez les fans purs et durs du vétéran… Quelques écoutes plus tard on se réorientera naturellement vers les albums précédents de Ski Beatz en oubliant plus ou moins vite cet épisode ‘24 Hour Karate School Presents Twilight’.

Note: 6/10

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Rédigé par matic

14 février 2012 à 12:30

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Koncept – ‘Awaken’

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Après 2 EPs, ‘Playing Life’ en 2010 et ce projet en commun ‘More Than Meets The Eye’ avec le beatmaker Tranzformer sortie l’année dernière, Koncept est enfin prêt à passer à l’étape supérieure avec son premier album officiel ‘Awaken’. Un MC qui fait partie du groupe Brown Bag AllStars dont tous les membres sont des anciens employés du magasin Fat Beats à New York qui ont eu la bonne idée d’unir leurs divers compétences d’artistes pour former un crew Hip Hop complet (Audible Doctor, J57, Soul Khan, Koncept, Deejay Element, DJ Goo et E-Holla). Le natif du Queens vivant maintenant à Brooklyn et revient dans le morceau ‘Too Late’ sur toutes ces opportunités ratées par manque de chance ou de temps, avec ‘Aspirations’ (au refrain Soul Khan) il nous décrit sa passion pour cette culture Hip Hop qu’il vit à fond depuis pas mal d’années et sur ‘Getting Home’ (Sene au refrain) il avertit la jeunesse sur les dangers de la rue les invitants à passer plus de temps chez eux avec leurs familles. 3 titres produit par J57 qui assure la moitié des beats de ce projet dont le dernier excellent morceau ‘Awaken’ portant le nom de ce LP, l’un des grands moments de cet album comme le magnifique ‘Save Me’ signé The Audible Doctor (une nouvelle fois très inspiré avec cette bombe) sur lequel le MC y décrit son enfance difficile avec notamment un père toujours absent privilégiant son addiction à l’héroïne plutôt qu’à l’éducation de son fils. On absorbe facilement les différents beats de ce projet, une sélection sans déchet pour ma part qui frappe souvent dans le très très bon que ce soit avec ce sample ultra efficace présent dans l’intro ‘October 10′ de DJ Goo ou cette collaboration avec Royce Da 5’9 et Marco Polo sur un ‘Watch The Sky Fall’ plus que convainquant. Koncept reste constant sur la plupart des morceaux et en 33 minutes nous montre une utilisation du Hip Hop comme je l’aime bien entouré par l’équipe de choc Brown Bag AllStars. ‘Awaken’ est un projet sérieux qu’on avale d’une traite et qui regorge de bons morceaux comme ces 2 titres que je n’ai pas encore cité, le ‘Long Term’ (avec encore une fois un bon The Audible Doctor à la prod) et cette nouvelle collaboration avec Soul Khan sur le ‘The Only Thing’ du beatmaker marink.

Note: 8/10

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Rédigé par matic

6 février 2012 à 12:50

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Gangrene – ‘Vodka & Ayahuasca’

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Nouvelle année et nouveau projet pour Alchemist et Oh No, qui après leur premier album ‘Gutter Water’ (2010) et l’EP ‘Greenberg’ sortie avec Roc Marciano l’année dernière, sont déjà de retour pour nous faire découvrir leur nouvelle galette. Comme leur premier LP les 2 artistes qui composent ce duo Gangrene restent dans un délire très sale voir malsain à l’image de leurs vidéos promo qui accompagnent encore une fois la sortie de ce nouveau projet haut en couleur, c’est le moins que l’on puisse dire, avec ce mélange vodka / (oubliez le Redbull) ayahuasca. Le thème psychédélique de ce projet leur vient de l’ayahuasca, une liane géante de la forêt vierge dont l’écorce est l’ingrédient mystique utilisé dans les messes shamaniques. Et je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager les différentes étapes du trip provoqué par l’ayahuasca: “ébriété agréables sans effets secondaires puis des réactions violentes provoquant vomissements et hallucinations colorées, l’ivresse se termine par un sommeil profond peuplé de rêves. Tremblements après quelques minutes suivis de transes et de stimulations physiques, le calme puis des hallucinations, un dérèglement des couleurs avec des ombres bleues violettes, la transformation des tailles, et pour finir une vision de nuit.” …

Sans surprise encore une fois la palette de prod livrée par les 2 protagonistes est un vrai régal pour les oreilles, on est même pour moi 2 tons au dessus du travail étalé sur le déjà très convainquant ‘Gutter Water’. Rapidement on rentre dans le trip dans lequel Al & No veulent nous emmener notamment avec cette brochette de sons concoctés par Oh No qui va de l’intro ‘The Mixings’ au brûlant ‘Flame Throwers’ en passant par le guerrier ‘Gladiator Music’ sur lequel on retrouve Kool G Rap. Parmi les autres invités on retrouve les habitués avec Prodigy sur le cinématique ‘Dump Truck’ et Roc Marciano sur le désaltérant ‘Drink Up’, 2 beats signés ALC comme la dernière bonne collaboration ‘Dark Shades’ avec Evidence et Roc C. On plonge un peu plus profondément dans au autre univers avec les ‘Auralac Bags’ et ‘Vodka & Ayahuasca’, ce dernier morceau portant bien le concept de ce projet avec ces mélanges en tout genre qui composent le beat et le refrain. Au mic les 2 Producers/MCs se débrouillent bien, si la voix et le flow d’Alchemist pèsent agréablement sur chaque titre, c’est bien Oh No qui fait la meilleure impression générale avec des prestations plus que convaincantes.

La bataille des beats fait rage et est une nouvelle fois au centre de ce LP, les 2 excellents ’Odds Cracked’ et ‘Top Instructors’ du Dr. No répondent au déjà formidable ‘Due Work’ d’ALC, les 2 artistes ont sorties le grand jeu avec ces gros samples qui nous envoient des ambiances toutes aussi dingues les unes que les autres. Et ça dur comme ça jusqu’à la fin de ce projet avec les 2 derniers morceaux que sont l’entraînant ‘The Groove’ du frère de Madlib et ce sublime mais très court ‘Livers For Sale’ d’Alan qui conclu, avec l’outro ‘The Downsides’, un album dark et dirty comme on en entend rarement. Avec toutes les éloges reçu par Alchemist au fils des années qui en font sans conteste l’un des beatmakers les plus appréciés du rap game, il ne m’en voudra pas si sur cet album je mets en avant le quasi sans faute d’Oh No qui avec 7 beats sur 12 (+ intro/outro) donne la dynamique à ce projet dont le thème principale colle parfaitement à son style. Avec ce ‘Vodka & Ayahuasca’, Alchemist et Oh No continuent à tracer leur route en drainant dans leur sillage une foule de fans avide de leur trip en tout genre, ce duo Gangrene commence à devenir une valeur sûre avec un début de discographie très intéressant ponctué par un projet de qualité qui marquera cette nouvelle année Hip Hop.

Note: 8,5/10

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Rédigé par matic

30 janvier 2012 à 12:00

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ScHoolboy Q – ‘Habits & Contradictions’

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Entre ScHoolboy Q et ses fans le rendez-vous semble être pris, comme l’année dernière à la même époque c’est lors du mois de janvier que l’artiste du label indépendant Top Dawg Entertainment a décidé de nous sortir son nouveau projet ‘Habits & Contradictions’. Un album qui ne s’éloigne pas trop de ce qu’il nous avait déjà montrer avec son ‘Setbacks’, je retrouve les mêmes qualités et les mêmes petits défauts. Pour les qualités pas de surprise il faut regarder (ou plutôt écouter) son flow accrocheur qui reste un atout majeur dans les caractéristiques de ce MC, un flow modulable qu’il maîtrise à la perfection en y rajoutant des nuances de voix qui complètent le tout parfaitement. Son univers un peu déjanté largement influencé par la prise de drogues en tout genre est très large, il peut passer de titres agressifs comme l’horrifique ‘Raymond 1969’ ou le très Odd Futurien ‘Oxy Music’ à des morceaux beaucoup plus relaxants comme par exemple ce ‘Grooveline Pt. 1’ avec Dom Kennedy et Curren$y ainsi que l’interlude ‘How We Feeling’.

Une hétérogénéité qui nous permet de sauter d’excellents titres comme ‘Sacrilegious’ et ce sublime ‘Blessed’ avec Kendrick Lamar à d’autres beaucoup moins marquants, ‘Sex Drive’ et ‘Sexting’ pour ne citer qu’eux. Il y en a pour tous les goûts quittes à perdre un peu l’auditeur au fils des écoutes, on est loin de l’unité générale d’un projet de Kendrick Lamar par exemple (la comparaison est inévitable)… On retrouve les 2 derniers membres du Black Hippy en featuring sur des collaborations bien différents mais très représentatif de leur délire respectif, Jay Rock sur le sombre ‘2 Raw’ et Ab-Soul sur le morceau ‘Druggys With Hoes Again’ dirigé par cette basse entraînante (suite du ‘Druggys With Hoes’ présent sur son projet précédent). On continue dans les collaborations et impossible de ne pas citer le banger ‘Hands On The Wheel’ avec A$AP Rocky, dur de faire plus efficace dans le genre. Au final cet album est rempli de bons morceaux, je n’ai pas encore cité les ‘There He Go’, ‘Gangsta In Designer (No Concept)’ et autre ‘Nightmare On Figg St.’ (largement inspiré par le hit ‘Niggas In Paris’), je regrette juste un peu le manque de cohésion globale mais quand on décide d’appeler un projet ‘Habits & Contradictions’ ce n’est pas forcément ce qui était recherché.

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

23 janvier 2012 à 18:40

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Common – ‘The Dreamer / The Believer’

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Il était écrit que les chemins de Common et No I.D. allaient bien se recroiser un jour, les 2 artistes de Chicago ont signé leur début ensemble dans le rap game puisque le beatmaker a produit la grande majorité des 3 premiers LP du MC sortie lors des années 90 via Relativity Records. Si ‘Can I Borrow a Dollar?’ (1992) est passé un peu inaperçu à l’époque, ‘Resurrection’ (1994) fait lui maintenant partie de ces grands classics Hip Hop sans toute fois avoir connu un succès commercial digne de ce nom, ‘One Day It’ll All Make Sense’ (1997) marquera la fin pour un moment des collaborations entre Dion et Com Sense, ce dernier décida par la suite d’aller explorer d’autres horizons avec plus ou moins de réussites. 5 albums plus tard, avec en poche 3 disques d’or et plusieurs nominations aux Grammy Awards, le rappeur de l’Illinois fait appel de nouveau à l’un de ses partenaires de jeux préférés pour cet album retrouvailles qui marque leurs 20 ans de carrière.

Pas de grande surprise sur cet album, et si ce projet n’est pas parfait il y a quand même assez de très bons moments pour considérer que les 2 protagonistes nous livrent ce qu’on est en droit d’attendre d’une telle affiche. Comme toujours Common évolue entre ce rôle de MC conscient assumé et celui de rappeur qui ne cracherait pas sur un peu plus de street crédibilité, 2 facettes qui ne s’affrontent pas et qui font plutôt bon ménage sur ce projet. Le début d’album avec les morceaux ‘The Dreamer’ et ‘Ghetto Dreams’ prouve une fois de plus la très bonne alchimie qu’il y a entre ces 2 artistes, et quand Nas vient les rejoindre sur ce second titre, on a bien envie que ce LP en commun ‘Nas.Com’ ne soit pas juste qu’une idée (No I.D. ayant maintenant un poste haut placé chez Def Jam il y a des chances que ça se fasse un jour). Le morceau ‘Blue Sky’ fait tellement pensé à une collaboration Kanye West/No I.D. avec ce genre de beat, d’arrangement et de refrain, qu’on touche peut être là l’un des points faibles de cet opus qui par moment se laisse porté un peu trop facilement par une recette peu originale qu’on connait déjà par cœur…

Heureusement le titre suivant ‘Sweet’ tape dans un univers plus personnel qui rappel le Common de ses débuts, un morceau énergique super efficace tout comme cet excellent  ‘Raw (How You Like It)’, des titres comme ça j’en redemande!!! Avec le retro-soul ‘Lovin’ I Lost’ le MC de Chicago retrouve un de ses thèmes de prédilections sur un énième amour gâché, tandis que dans ‘Windows’ il parle tendrement et sincèrement de ses relations avec sa fille. Pas mal de refrains de cet album sont assurés par James Fauntleroy du groupe Cocaine 80′s qu’il forme entre autre avec Common et No I.D., à mon avis quelques unes de ses performances ne servent pas spécialement bien les différents morceaux sur lequel il apparait (disons que c’est un style qui ne me plait pas beaucoup), Common aurait pu quand même pendre en charge certains refrains mais au final aucun… ‘The Dreamer / The Believer’ est un bon album avec ses défauts et ses qualités qui satisfera la plupart des fans de Common et ceux de No I.D.

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

31 décembre 2011 à 02:20

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Rashad & Confidence – ‘The Element Of Surprise’

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Dans la lancée de la sortie de l’album ‘Sidewalk Science’ de Beneficence en début d’année, le label Ill Adrenaline Records revient avec une nouvelle galette qui va encore plaire aux amateurs de sons old school. Si comme beaucoup Rashad et Confidence ont grandit avec les classics des années 80 et 90, le MC et le beatmaker ont eux décidé de rester proche de cette même ambiance plusieurs années plus tard dans leur musique. Un album qui fait la part belle au boom bap dans sa forme la plus pure popularisé par ceux qu’on appel aujourd’hui vétérans, légendes ou « connais pas, trop vieux pour moi » … Un format d’album MC/producteur qui ne s’embarrasse pas avec une pléiade d’invités et dont tous les refrains sont assurés par Rashad lui-même (pas un seul hook chanté, ni fredonné), 13 morceaux sans la fioriture habituelle qu’on trouve aujourd’hui quasiment normale à force…Un projet qui repose uniquement sur la performance de Rashad au micro et celle de Confidence derrière ses machines, en 48 minutes on en a assez pour se faire une idée bien précise sur chacun des 2 artistes qui nous viennent de Brooklyn et de Philadelphie.

Un parfum soulful bien connu s’élève au dessus de tous les morceaux de cet album construit dans la pure tradition boom bap que ce soit dans la façon de manier les samples ou de choisir les différents drums qui accompagnent ce tout. Confidence rend une copie quasi parfaite, l’élève a bien étudié ses aînées et il n’y a pas grand chose à dire sur son travail, du début à la fin j’apprécie tout ce qu’il propose. De son côté Rashad est le candidat idéal pour poser sur ce genre de son, son dynamisme et sa fraîcheur fusionnent comme il faut avec les cadeaux livré par son compère. J’émettrai quand même une réserve sur son flow peut être un peu trop linéaire pour moi et surtout « très rempli » qui touche ses limites sur certains morceaux qui au final me paraissent légèrement oppressant et qui auraient mérité un peu plus de respirations. L’ensemble est cohérent sans déchet et balaye une large palette de sujets dont les ‘Brand New’, ‘Rumors Of War’, ‘Shining’ et ‘All Year Round’ restent les meilleurs moments, mes morceaux préférés sont les bijoux mélancoliques ‘Let Me Explain’ et surtout ce sublime ‘Days Of My Youth’. Est-ce qu’on peut vraiment parler de surprise quand 2 artistes comme ça appliquent aussi fidèlement une recette qui a déjà fait ses preuves à une période du Hip Hop qu’on aime appeler la golden era.

Note: 8/10

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Rédigé par matic

21 décembre 2011 à 18:56

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The Roots – ‘undun’

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Tout a été dit et écrit sur The Roots, un groupe qui depuis plus de 20 ans fait l’unanimité et arrive toujours à drainer fidèlement une audience très large qui va bien au-delà de la planète Hip Hop. Leur nouveau projet ‘Undun’ est guidé par une trame bien particulière qui suit la vie tragique d’un personnage fictif nommé Redford Stephens, ce dernier s’exprimant à travers les différents intervenants de cet opus. D’un point de vue musicale on ne s’éloigne pas trop de leur précédent LP ’How I Got Over’, mais c’est dans la réalisation que le groupe de Philadelphie se démarque avec tout le long de cet album très sombre un même thème qui revient sans cesse, celui de la mort de ce personnage qu’on devine très vite dans le sublime titre ‘Sleep’ conté par Black Thought : « Oh, there I go from a man to a memory / damn, I wonder if my fam will remember me ». Tous les autres morceaux qui suivront nous rapprocheront de plus en plus de cette fin terrible en nous expliquant les différentes étapes de la vie de Reford qui l’ont poussé à devenir dealer (‘One Time’, ‘Kool On’) et a assumé complètement ce choix (‘The Other Side’) guidé par l’argent facile.

Souvent isolé dans sa vie le jeune Redford n’aura pas reçu le soutient nécessaire pour s’en sortir (‘Lighthouse’), entre erreurs et remords dans le mélancolique ‘I Remember’ il en arrive même à avoir des pensées suicidaires sur le prenant ‘Tip The Scale’. Encore une fois il faudra noter la présence indispensable de Dice Raw qui apporte, aussi bien en tant que chanteur ou rappeur, sont point de vue avisé sur telle ou telle situation, lançant souvent la dynamique des différents morceaux sur lequel il intervient. Greg Porn, Phonte, Bilal, Big K.R.I.T. et Sufjan Stevens viennent compléter un casting de musiciens et de producteurs qui collent parfaitement au concept guidé par ?uestlove et Richard Nichols. La fin de l’album est uniquement instrumental découpé astucieusement en 4 mouvements assez courts qui donnent une conclusion parfaite à cette histoire marquante qu’on n’est pas prêt d’oublier. Ce ‘Undun’ est un nouveau très bon album de The Roots qu’il faut prendre le temps d’écouter tranquillement et attentivement pour y trouver toutes ces nombreuses significations.

Note: 8,5/10

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Rédigé par matic

19 décembre 2011 à 12:20

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M.O.P & Snowgoons – ‘Sparta’

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Avec la sortie enfin il y a 2 ans de leur nouveau projet ‘Foundation’ le duo M.O.P a entamé la 3ème phase de leur carrière, 15 ans après leur début tonitruant avec à la clé 4 albums en 7 ans sortie entre 1994 et 2000. Si la réputation et la cote de popularité du groupe n’est plus à faire, ils auront connu au début des années 2000 quelques choix malheureux qui les auront vu signer successivement sur 2 grosses structures de l’époque (le Roc-A-Fella de Jay-Z/Damon Dash et le G-Unit de 50 Cent) sans sortir le moindre album, des aventures peu productives mais certes enrichissantes dans tous les sens du terme. C’est avec l’équipe de producteurs Allemands Snowgoons que Lil’ Fame et Billy Danze ont décidé de s’associer pour un projet en commun au titre évocateur : ‘Sparta’. Le décor principal est posé et le duo le plus hardcore du rap game est prêt à en découdre avec qui le voudra sous fond de références Antique aux films ‘300’ ou à la série TV ‘Spartacus’. Les 2 MCs de Brownsville ont les profiles de spartiates type (endurance, discipline et bravoure) sans avoir perdu la moindre détermination au mic depuis leur début, ce style agressif fait toujours des ravages et encore une fois porte leur projet du début à la fin.

Les 2 premiers morceaux de cet album sont des combats gagnés d’avance, ‘Sparta’ et ‘Back At It’ sont des bangers assurés construis de toute pièce par M.O.P et les beatmakers de Snowgoons qu’on retrouve ici à leur meilleur niveau. Si le reste n’est pas aussi explosif, les 2 groupes ne nous font jamais défaut en nous livrant des énergiques ‘Get Yours’, ‘Blasphemy (Blast 4 Me)’ ou ‘No Mercy’ qui satisferont sans problème leur base hardcore. Le principal problème du morceau ‘Hard Niggaz’ c’est d’être entouré par les titres ‘Opium’ et ‘Rollin’ qui chacun dans leur style respectif offrent 2 autres grands moments à ce projet, mention spéciale pour le narcotique ‘Opium’. Tout le long de cet album les 2 tueries d’ouverture font un peu de l’ombre au reste des prods de l’équipe Snowgoons, et ce n’est pas les 2 derniers morceaux de fin qui me feront changer d’avis, ce projet ne se referme pas forcément de la meilleur manière avec ‘Break ‘Em’ et ‘Body On The Iron’ qui ne m’accrochent pas trop notamment ce second titre. L’énergie de M.O.P mélangé aux beats de Snowgoons nous offre sans surprise pas mal de bon moment, malheureusement pas tous du niveau du morceau ‘Sparta’, mais comme prévu l’engagement du duo de Brooklyn l’emporte sur tous les possibles défauts que contiendrait cet album en commun.

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

8 décembre 2011 à 12:35

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Yelawolf – ‘Radioactive’

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Après un très bref passage chez Columbia Records et la sortie d’un seul single (‘Kickin’), c’est début 2010 que la carrière de Yelawolf va enfin décoller avec la sortie en téléchargement gratuit de son projet ‘Trunk Muzik’. Rapidement l’ambiance sombre dégagée par ce projet, et notamment sa complicité avec le beatmaker WillPower, séduit un grand nombre de personne. Le MC de l’Alabama et le label Ghet-O-Vision Entertainment ont réussi leur pari, le buzz est lancé et quelques mois plus tard Yelawolf signe un deal avec Interscope Records, ils en profitent pour sortir en fin d’année une nouvelle version (payante cette fois-ci) de son ‘Trunk Muzik’ intitulé ‘Trunk Muzik 0-60′. Jimmy Iovine présente rapidement sa nouvelle signature à Eminem et ce dernier décide de l’intégrer à sa structure Shady Records qui après avoir connu de gros succès, comme le ‘Devil’s Night’ de D12, le ‘Cheers’ de Obie Trice ou le ‘Get Rich Or Die Tryin’ de 50 Cent, cherche un second souffle depuis le retour de Marshall Mathers dans le rap game (des artistes comme Stat Quo, Bobby Creekwater et Cashis ont subit cette transition peu productive).

Au début des années 2000 on pouvait sans problème prédire à quoi allait ressembler une sortie Shady Records : une ambiance très sombre et agressif produite en grande partie par le camp Shady/Aftermath avec en tête ses 2 patrons, Eminem et Dr. Dre. Aujourd’hui les choses ont bien changé, et si on ne peut que se réjouir de retrouver WillPower à la baguette de la moitié des morceaux de cet opus, le docteur lui est absent et Eminem est très discret dans les crédits avec seulement 1 co-production et 2 productions additionnelles. L’autre interrogation était de savoir si le gros succès commercial du ‘Recovery’ d’Eminem allait transpirer sur ce projet, avec notamment le recours à outrance de refrains chantonnés que ce soit par Yelawolf lui-même ou des invités. A l’écoute de la 2ème partie de l’album on comprend rapidement qu’ils ne s’en priveront pas avec des tentatives commerciales sans équivoque que ce soit ce ‘Radio’ produit par Jim Jonsin ou le ‘Made In The U.S.A.’ avec un refrain très Rihannesque interprété par Priscilla Renea, dans cette même catégorie il faut aussi citer les morceaux ‘Good Girl’ ou ‘Write Your Name’, ça commence à faire beaucoup trop pour moi pour un seul projet.

Heureusement le début d’album est plus fidèle à l’ambiance du ‘Trunk Muzik’, on regrettera de ne pas avoir plus de titre comme cette excellente collaboration ‘Get Away’ avec Shawty Fatt et Mystikal ou les 2 armes de destructions massives ‘Hard White’ (avec Lil Jon) et ‘Growin Up In The Gutter’ (avec Rittz) qui nous montrent un Yelawolf enragé qui excelle dans ce genre d’exercice. Si les beats de WillPower sélectionnés pour ce projet ont du mal dans l’ensemble à tenir la comparaison avec ceux du ‘Trunk Muzik’ et notamment le classic ‘Pop The Trunk’, il y a quelques choses à retenir comme l’intro ‘Radioactive’, ‘Everything I Love The Most’ et ‘The Last Song’, et dans une moindre mesure les ‘Slumerican Shitizen’ avec Killer Mike et ce ‘Throw It Up’ avec Eminem et la rappeuse Gangsta Boo. Des titres comme ‘Let’s Roll’, ‘Animal’ et ‘The Hardest Love Song In The World’ se laissent plus ou moins écouter mais on est très éloigné du niveau et des délires affichés en début d’album. Sur cette première sortie sur major Yelawolf s’est laissé aspirer par ce qu’on lui a demandé, un album qui marche pour un public le plus large possible quitte à mettre de côté son univers musical principal beaucoup plus agressif. Ce ‘Radioactive’ est au final un pot-pourri de ce qu’il sait faire et ce qu’on lui a appris à faire…

Note: 6/10

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Rédigé par matic

6 décembre 2011 à 18:40

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Freestyle Fellowship – ‘The Promise’

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20 ans après la sortie de leur premier album ‘To Whom It May Concern…’, le crew Freestyle Fellowship composé pour l’occasion de Aceyalone, Myka 9, P.E.A.C.E., Self Jupiter et DJ Kiilu Grand revient pour un nouveau tour de piste. Si la comparaison entre leurs 2 premiers projets (avec la sortie de leur second LP ‘Innercity Griots’ en 1993) et ce nouvel opus ne seraient pas la bienvenue, et surtout complètement incohérente étant donné le temps qu’il s’est écoulé, on est quand même en droit d’espérer quelque chose de bien plus consistent que leur ‘Temptations’ (2001) qui marqua leur premier retour après l’incarcération pendant 4 ans de Self Jupiter. Ce projet ‘The Promise’ n’évolue pas dans les même sphères Soulful / Jazzy de leur début (notamment dû à l’absence du producteur J Sumbi) mais si il y a bien une chose qui n’a pas changé, c’est ce style particulier Freestyle Fellowship, marque de fabrique du collectif Californien qui a influencé plus d’artistes qu’on ne le pense. La “compétition” entre les 4 MCs sur cet album donne encore de grand moment, c’est vraiment un grand plaisir de les retrouver tous ensemble s’éclater morceau après morceau.

Avec des morceaux comme ‘We Are’, ‘This Write Here’ et ‘Step 2 The Side’ on retrouve FF dans ce qu’ils font de mieux avec cette technique impeccable au mic sur des beats très différents et très bons livrés respectivement par Eligh, Omid et Exile. Le morceau ‘Dart’ concocté par Myka 9 emmène la bande dans un délire beaucoup plus sombre tandis que le ‘Government Lies’ prouve une fois de plus qu’il est possible de mélanger divertissement et texte engagé. Il n’y a pas que des réussites sur ce LP et notamment ce ‘Candy’ produit par Black Milk qui est loin d’être le grand moment que j’attendais, ‘Ambassadors’ et ‘Daddies’ font pale figure à côté d’excellents morceaux comme ‘Introspective’ et ‘Gimme’, ce dernier bien servi par un beat de Kenny Segal parfait pour ce genre de prestation. L’album se conclu comme il avait commencé avec du très très bon Freestyle Fellowship, que ce soit le prenant ‘Popular’ (sur un beat de Biz One) ou ce ‘Promise’ produit par Josef Leimberg qui fait référence à leur promesse « We will never fall the fuck off » présente sur leur premier album. Ce projet ‘The Promise’ fait partie de ces albums d’artistes vétérans qu’il est dur de juger instantanément, ce qui est sûr c’est qu’il y a assez de bons titres et d’énergie collective pour se le ré-écouter de temps en temps.

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

29 novembre 2011 à 17:45

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J-Live – ‘S.P.T.A. (Said Person Of That Ability)’

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Si je pouvais choisir mes amis seulement sur leurs goûts musicaux il faudrait tous qu’ils aiment J-Live, cet artiste représente pour moi une certaine idée du Hip Hop dont j’adhère à 200%, que ce soit sur le fond ou la forme. Au mic, derrière les platines ou à la production, le natif de New York déçoit rarement, pas besoin d’aller chercher plus loin pour trouver l’un des activistes du Hip Hop les plus complet. Ce nouveau projet de J-Live joue, comme l’indique cette magnifique pochette de ILLUS, sur ses 3 personnalités qu’il introduit dans l’intro ‘As I Start’, tout le long des 13 morceaux il prend soin de donner la parole à chacun de ces personnages avec comme point d’orgue cette discussion très animé entre les 3 sur l’excellent ‘The Authentic’ produit par Marco Polo. Avec ‘From Scratch’ J-Live met en avant sa casquette de DJ tout le long de ce morceau produit par Illastrate, autres performances à signaler derrière les platines avec le second titre produit par Marco Polo, le tranchant ‘Pronounced Spitta’ qui rappel que Jean-Jacques Cadet est un putain de MC.

Une fois de plus Mister Triple Threat n’hésite pas à appeler d’autres beatmakers pour participer à ses projets, une sélection sur mesure qui ne déçoit pas que ce soit avec Nicolay (‘How I Feel pt. 3’), Diamond D (‘No Time To Waste’) ou RJD2 (‘Great Expectations’), que dire de ces morceaux si ce n’est qu’ils sont tous très bons avec une mention spéciale pour ce dernier dont la construction faite par RJD2 et J-Live est tout simplement géniale. Quand j’ai vu The Audible Doctor dans les crédits j’ai commencé à frémir mais ce ‘The Me & You’ n’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais, si le beat se laisse bien écouter ce n’est pas tout à fait le cas pour ce refrain peu inspiré de Anneice Cousin, et même si cette love song à la sauce J-Live ne tombe pas dans les clichés habituelles, ce morceau est certainement le moins convainquant de ce projet. Dans un genre un peu différent je préfère le refrain de Lyrics Jones sur le titre ‘Half A Glass’ qui conclu cet album, même chose pour ce beat posé du producteur d’Atlanta Illastrate qui se fait de plus en plus remarquer ces derniers temps.

Si J-Live se contente de produire seulement 3 morceaux sur son album, il lâche ce qu’il a de mieux en stock avec ‘Watch Sun Watch’ (feat. YC The Cynic) et cet énorme ‘Home Or Away Remix’, sans oublier cette interlude instrumentale ‘Life Comes In Threes’ avec Rasheeda Ali à la flute. Un projet ponctué par quelques interludes en fin de morceau qui diront quelque chose à ceux qui ont écouté son EP ‘Undivised Attention’ sortie l’année dernière, il recycle d’ailleurs sur cet album le beat de son morceau ‘Poetry In Motion’ produit par Floyd The Locsmif pour en faire un ‘Poetry In Ertia’ avec John Robinson et MarQ Spekt en featuring, pareil pour le ‘How I Feel pt.3’ qui reprend logiquement le beat du ‘How I Feel pt.1’. Pour ceux qui ont acheté la version CD ils auront l’heureuse surprise de retrouver en CD bonus ce EP et notamment les sublimes ‘The Way I Rhyme’ (avec Boog Brown) et ‘Calculations’ (avec Oddy Gato) qu’on entend brièvement à la fin des titres ‘The Authentic’ et ‘Great Expectations’. Comme attendu ce nouvel album ‘S.P.T.A. (Said Person Of That Ability)’ de J-Live est l’une des meilleurs sorties Hip Hop de cette année.

Note: 9/10

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Rédigé par matic

25 novembre 2011 à 18:30

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