LE HIP HOP SUR ECOUTE

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Murs – ‘Love And Rockets Vol.1: The Transformation’

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Si je reste toujours attentif aux sorties de Murs, les 2 dernières que j’ai écouté ne m’ont pas emballé plus que ça, que ce soit son 4ème album en collaboration avec 9th Wonder (un ‘Fornever’ loin d’être le meilleur de la série) ou ce projet très spécial avec Terrace Martin apparu en avril dernier (un délire bien particulier avec ce ‘Melrose’). Cette foi-ci c’est avec Ski Beatz qu’il a décidé de sortir son nouvel opus et de lancer la série ‘Love And Rockets’, une association avec le beatmaker de la Caroline du Nord qui s’offre depuis quelques années une seconde jeunesse incarnée notamment par le succès des 2 albums ‘Pilot Talk’ de Curren$y qu’il produit en grande partie. Sur le papier l’union de ces 2 artistes a de quoi séduire et ça se confirme dès la première écoute, le mélange de ces 2 styles est quasi naturelle et les bons moments ne font que s’enchaîner.

Un début d’album marqué par ces 2 magnifiques titres ‘Remember 2 Forget’ et ‘Eazy-E’, sur ce dernier Murs rend un hommage appuyé à cette West Coast des années 90 qui attirait tous les regards, avec en tête l’icône gangsta rap Eazy-E qui nous a quitté trop vite en 1995. Dans la catégorie des boucheries auditives on peut aussi rajouter cet excellent ‘Dream On’ avec le newcomer de la Nouvelle-Orléans Dee-1 et surtout ce ‘Animal Style’ sensationnel, du Murs à son meilleur niveau. L’un des points fort de cet album c’est la palette très variée des beats de Ski Beatz, on saute d’un ‘Hip Hop & Love’ très atmosphérique avec Tabi Bonney à un rythmé ‘Life & Time’ avec Ab-Soul et O.C. emmené par ces cuivres, tout comme cet anthem ‘S-K-I-B-E-A-T-Z’ avec Locksmith. Dans un autre genre le ‘International’ est aussi très redoutable, à l’opposé d’un ‘316 Ways’ détonnant, mais le résultat est tout aussi bon. Quelque soit le support sonore le MC Californien est toujours à son avantage sur cet album, ce ‘Love And Rockets Vol.1: The Transformation’ est une réussite et prouve une fois de plus tout le talent de ces 2 artistes.

Note: 8/10

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Rédigé par matic

15 novembre 2011 à 18:57

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Styles P – ‘Master Of Ceremonies’

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Après 4 ans d’attentes voici enfin le nouvel album solo de Styles P, le 4ème de sa carrière et le second sortie en indépendant après son ‘Super Gangster Extraordinary Gentleman’ (2007) qui faisait suite à ses 2 premiers opus sortie sur Interscope (‘A Gangster And A Gentleman’ en 2002 et ‘Time Is Money’ en 2006). Si au niveau du choix des producteurs on n’a plus beaucoup de repère pas rapport à ses précédentes sorties où l’on retrouvait toujours une certaine même ossature, notamment avec les beatmakers de l’entourage de Ruff Ryders, dans l’univers générale de cet album on retrouve la plupart des genres de beat qu’aime kicker Styles P. On a du mélancolique avec ‘Ryde On Da Regular’ et ‘Keep The Faith’, du street bangers avec les grosses collaborations ‘We Don’t Play’ (feat. Lloyd Banks) et cet excellent ‘Harsh’ (feat. Rick Ross & Busta Rhymes) ainsi que du boom bap traditionnel livré par Pete Rock avec le titre ‘Children’ (Pharoahe Monch au refrain).

A l’image de l’album de Sheek Louch sortie l’année dernière sur Def Jam, ce nouveau projet solo d’un autre membre de The Lox est aussi très éclectique et pourrait en effrayer certains. On passe d’un ‘How I Fly’ plutôt convainquant produit par Warren G à un ‘Feelings Gone’ moribond signé Statik Selektah, en passant par des titres comme ‘Im A Gee’ et ce ‘Street Shit’ avec Sheek Louch loin d’être aussi emballant que ceux cités en début de chronique. Après la tuerie ‘Harsh’ la fin d’album fait vraiment flop que ce soit ce ‘It’s OK’ très indigeste avec Jadakiss, même constat pour le ‘Don’t Turn Away’ avec Pharrell ou cette 2ème collaboration avec Sheek Louch sur le morceau ‘Hu-Ohh’. Comme sur les précédents, la grande qualité de cet album repose sur la présence indéniable de ce MC, après au niveau de la réalisation et notamment le choix des beats ce ‘Master of Ceremonies’ reste pour moi beaucoup trop vaste pour que j’accroche vraiment du début à la fin.

Note: 6,5/10

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Rédigé par matic

9 novembre 2011 à 12:10

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Nappy Roots – ‘Nappy Dot Org’

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Si cet album en commun entre le crew Nappy Roots et l’équipe de production Organized Noize aurait certainement eu un buzz beaucoup plus important 10 ans plus tôt, il n’en reste pas moins que pour toute une génération l’association de ces 2 groupes présageait quelque chose de très intéressant. Les 2 derniers albums de Nappy Roots ne m’ont pas vraiment marqué plus que ça, mis à part quelques morceaux si spéciaux dont ils ont toujours le secret, mais j’avais bonne espoir qu’avec Organized Noize dans les parages une certaine vibe d’antant allait se recréer pour l’occasion. Un petit mot quand même sur le titre vraiment bien trouvé de ce projet ‘Nappy Dot Org’, une référence aux noms des 2 groupes en jouant sur ces adresses internet qui finissent en .org (dot = point), dommage par contre que l’adresse nappy.org ne renvoie à rien.

Le début d’album avec le morceau ‘Legend Lives On’ est l’occasion de rappeler aux plus jeunes (avec Big Rube en intro) l’importance de ces 2 groupes dans la scène Southern Rap des années 90/début 2000 à l’époque où cette partie des USA passait bien après la East et la West Coast. Sur les 11 titres qui composent ce projet il n’y en a qu’un seul non produit par Organized Noize, c’est ce ‘Country Boy Return’ signé Mr. DJ, un morceau plaisant contrairement au ‘Ea$y Money’ avec ce refrain très regrettable. Par contre le single ‘Hey Love’ peut lui compter sur un très bon hook de Samuel Christian (qui avait déjà fait forte impression sur le ‘LAX Files’ de Game), un début d’album plutôt bon qui va rapidement décoller avec notamment des beats d’Organized Noize beaucoup plus fidèle à ce que j’attendais et surtout le retour de cette grosse vibe Nappy Roots que j’apprécie tant. Avec l’enchainement ‘Pete Rose’, Good And Evil’ et ‘Karma’ il y a de quoi s’arracher les cheveux, des délires bien différents mais qui ont tous comme point commun d’être des bangers que ce soit cette excellente collaboration avec Khujo Goodie (‘Pete Rose’), l’entrainant uptempo ‘Good And Evil’ (faut aimer mais moi j’adore) ou le sublime ‘Karma’ très sombre et surtout très réussi.

Si le très rythmé ‘Y’all Party’ n’est pas leur titre le plus inspiré, encore une fois la vibe général est appréciable mais on n’atteint pas les sommets d’un ‘Nappy U Here’ de haut niveau bien servi encore une fois par une très bonne prod des beatmakers d’Atlanta qu’on avait pas entendu à la production d’un album en entier depuis la compilation ‘Even in Darkness’ (2001) du collectif Dungeon Family. Le crew de rappeurs du Kentucky s’est toujours opposé à ces nombreux rappeurs du South aux lyrics très limités, et à l’image entre autre des morceaux ‘Give Me A Sign’ et ‘Congratulations’, ils s’adressent à un public plus mature avec toujours cette même envie de coller au plus près de la vie d’un auditeur lambda. Cet album ‘Nappy Dot Org’ s’appuie vraiment sur le caractère des 2 groupes, étant un fan de la première heure il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour être charmer, 44 minutes très plaisantes avec un très bon projet à la clé!

Note: 8/10

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Rédigé par matic

2 novembre 2011 à 18:05

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J.Cole – ‘Cole World: The Sideline Story’

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Pour moi la grande interrogation de ce projet c’était de savoir à quelle sauce allait être mangé J.Cole pour son premier album officiel, si ses mixtapes étaient principalement produite par l’artiste lui-même, rien ne nous garantissait que son premier LP sur Roc Nation suivrait le même modèle. J’ai toujours en tête les très bonnes tapes d’avant album de B.o.B. mais malheureusement l’opus qui suivit n’avait rien à voir avec ce que le jeune artiste nous avait habitué, un lifting marketing orchestré par sa maison de disque qui me laissa un goût amer… Le bon point de ce ‘Cole World : The Sideline Story’ est de retrouver le MC/Beatmaker de la Caroline du Nord assurer une très grosse partie des prods, de quoi rassurer les fans et surtout éviter d’en perdre une bonne partie dès le premier projet. L’autre bonne nouvelle c’est la présence très limitée de featuring (seulement 4), on ne lui a pas mis dans les pattes la brochette habituelle d’artistes à la mode qu’il faut absolument avoir sur sa tracklist pour faire du buzz… Si sur la forme cet album se présente plutôt bien, il faut maintenant que le premier rappeur signé sur le nouveau label de Jay-Z confirme toutes les promesses affichées ces dernières années.

On retrouve rapidement l’univers auquel nous avait habitué J.Cole, des morceaux plutôt posés portés par une présence au mic indéniable même si quelques fois lassante sur la longueur. Les très cinématiques ‘Sideline Story’, ‘Lost Ones’, et ‘Breakdown’ marchent sans problème et sont très représentatif du style revendiqué par le MC de la Caroline du Nord. Les 2 singles ‘Can’t Get Enough’ (avec Trey Songz) et ‘Work Out’ expérimentent d’autres horizons, avec une grosse préférence pour le second très entraînant qui conclu cet album. L’inévitable collaboration avec Jay-Z sur ‘Mr. Nice Watch’ ne rentrera pas dans les mémoires, un choix de beat culotté et peut être un petit peu trop surprenant pour moi. Missy Elliott qui depuis quelques années a un peu disparu du circuit reprend du service sur le refrain du slow tempo ‘Nobody’s Perfect’, un morceau qui ne met pas spécialement en valeur J.Cole avec un premier couplet très chaotique qui ne colle pas à son style… Il y a pas mal de titres sur cet album qui au fil des écoutes me lassent de plus en plus, à l’image des ‘Dollar And A Dream III’, ‘Cole World’ et ‘God’s Gift’, par contre les ‘Never Told’ (No I.D. à la prod), ‘Rise And Shine’ et ‘Lights Please’ sont à mettre parmi les morceaux de cet opus qui me plaisent vraiment.

Avec cet album j’espérais avoir plus de beat dans la veine de ses récentes productions pour XV (‘Smallville’) et Kendrick Lamar avec le classic ‘HiiiPower’, de ce côté je suis un peu déçu du rendu générale et quand il s’essaye à quelques choses d’autres ça ne m’attire pas plus que ça. L’autre point faible de ce projet pour moi c’est qu’on retrouve peut être un peu trop souvent un même schéma de morceau, J.Cole attaque les différents beats souvent de la même façon et nous ressert malheureusement des rythmiques identiques peu inspirés sur certains refrains. Si ma première écoute de cet opus a vraiment été pénible (voir chiante), au fil du temps ça s’est amélioré mais il est dur pour moi d’être dithyrambique sur ce LP d’un MC, certes au dessus de la moyenne, mais qui finalement à du mal à m’emmener dans son délire sur tout un projet. Avec ce ‘Cole World : The Sideline Story’ je me rends compte que contrairement à ce que je croyais je ne suis pas vraiment fan de cet artiste, quelques très bon morceaux à retenir en attendant son projet en commun avec Kendrick Lamar.

Note: 6,5/10

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Rédigé par matic

31 octobre 2011 à 03:00

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DTMD – ‘Makin’ Dollas’

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Quelques mois seulement après nous avoir fait découvrir le talentueux Has-Lo avec son projet ‘In Case I Dont Make It’, le label Mello Music Group nous présente leur nouvelle signature avec le duo DTMD tout droit sortie du Maryland. Un groupe composé de Toine, le MC, et du beatmaker Dunc qui a travers leur nom de groupe et avec le titre de ce projet font un clin d’œil à un autre duo que vous aurez tous reconnu, le mythique EPMD de Erick Sermon et Parrish Smith. Chacun dans leur domaine de prédilection Dunc et Toine se montrent à leur avantage, le premier livre une copie très intéressante avec des beats soignés qu’on savoure dès la première écoute, et le second a tout d’un MC complet qui arrive à capter l’attention de l’auditeur sans aucun problème. Un album très homogène marqué par quelques gros morceaux dont ce ‘Makin’ Dollas’ de début d’album qui nous présente un peu mieux ce duo, quand le beat, le flow et les lyrics jouent sur le même niveau ça donne obligatoirement un rendu excellent.

Dunc et Toine sont rejoints par Oddisse sur le rythmé ‘Untitled’ mais la grande collaboration de ce projet se situe quelques titres plus loin avec ce ‘Raw’ magique qui peut compter sur les participations de Godly MC et Kev Brown. 2 autres bombes à signaler avec ce rétro ’95 Live’ (avec Quatermaine) et surtout ce ‘The Flame’ qui termine l’album en beauté. Si je préfère en général les morceaux un petit peu plus rythmé, je ne peux que succomber aux ‘You’, ‘Rainy Day’ et ‘A Loan For The Lonely’ qui leurs vont si bien, 3 excellents titres qui me font directement voyager dans leur univers. Comme le LP de Has-Lo ce ‘Makin’ Dollas’ de DTMD est une sorte de présentation approfondi supervisée par MMG qui à la bonne idée encore une fois de laisser carte blanche à ses artistes, une des très bonnes découvertes de cette année 2011, un beatmaker et un MC de plus à suivre.

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

28 octobre 2011 à 12:45

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9th Wonder – ‘The Wonder Years’

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Ce n’est jamais évident de parler d’un album de beatmaker, encore moins quand il nous vient d’un artiste comme 9th Wonder présent en discontinue dans le rap game depuis 2003 et qui a enfin décider de nous sortir son premier vrai album, un projet qui représente donc sa vision musicale à un moment donné. Si il y a une idée bien précise qui se dégage de cet opus, tout ça est beaucoup trop loin pour moi de ses débuts tonitruant avec Little Brother (2003-2006) ou du grand coup de sa carrière ‘Threat’ présent sur le ‘The Black Album’ de Jay-Z, sans parler de son projet remix du ‘God’s Son’ de Nas ou de ses albums en commun avec Murs, Skyzoo et autre Buckshot dans cette même période. Si je me retrouve un peu dans le début d’album (avec notamment ce ‘Band  Practice Pt.2′ avec Phonte et Median ainsi que le ‘Enjoy’ avec Murs, Warren G et Kendrick Lamar) rapidement je me perds dans des beats peu emballant avec des artistes qu’on a déjà entendu par le passé sur des prods de 9th beaucoup plus marquantes à mon goût (Skyzoo, Actual Proof, Halo).

Le côté Raw que j’apprécie le plus chez ce beatmaker n’est quasiment pas présent sur ce LP et laisse place à une facette plus douce qu’il faut aimer ce qui est loin d’être mon cas. Mention quand même pour le ‘Never Stop Lovin You’ avec Terrace Martin et Talib Kweli qui me plait plutôt bien dans le genre et ce ‘Feet Tall (Remix)’ avec Erykah Badu et Rapsody, mais je préfère largement des délires comme l’excellent ‘No Pretending’ avec Raekwon et Big Remo, mon morceau préféré de cet album. Au final je me rends compte que j’apprécie plus les 4 prods de 9th sur l’album solo de Phonte que 90% des beats présent sur ce ‘The Wonder Years’… Un projet certes bien travaillé avec une thématique principale qu’on retrouve sur la plupart des titres mais rien qui ne m’accroche vraiment, ce qui rend l’écoute de cet opus un peu chaotique par moment avec quelques zappages en règle de morceaux. Un LP qui n’est tout simplement pas fait pour moi, loin d’être catastrophique mais très loin de l’idée que je me faisais d’un opus de 9th dans les années 2004/2005 par exemple.

Note: 6/10

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Rédigé par matic

26 octobre 2011 à 13:15

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Evidence – ‘Cats & Dogs’

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Je débute souvent mes chroniques par un petit historique de la carrière de l’artiste en question mais cette fois-ci j’ai envie d’aller droit au but en commençant par parler notamment de ce fameux morceau ‘The Red Carpet’. Une bombe produite par le suspect habituel Alchemist qui en seulement quelques secondes a fait chavirer le cœur de nombreux fans Hip Hop avec en cerise sur le gâteau un trio au mic composé d’Evidence, Raekwon et Ras Kass, que demander de plus qu’une brochette comme ça?! La bonne nouvelle pour cet album c’est qu’il n’y a pas seulement ce morceau à retenir, bien au contraire et heureusement, comme pour ses précédentes sorties solo (‘The Weatherman LP’, 2007 et ‘The Layover EP’, 2008) ce nouvel LP d’Evidence est très bien ficelé de bout en bout. Les invités que ce soit à la prod, au mic ou aux platines sont triés sur le volet, sans surprise la famille habituelle est au rendez-vous et n’aurez raté cet événement pour rien au monde. Avec Ras Kass et Raekwon en guest sur un même morceau c’était déjà une association qui avait de la gueule, et Evidence remet ça avec Roc Marciano et Prodigy sur ce ‘Fame’ produit par Charlie Brown, titre beaucoup moins marquant que le tapis rouge précédent mais qu’on savoure sans problème comme ce ‘Where You Come From?’ (encore Alchemist à la prod) avec Rakaa, Lil Fame et Termanology en featuring.

Derrière les monstres que sont ALC et DJ Premier (avec un ‘You’ monumental), il y a d’autres beatmakers qui mettent le feu à ce projet et notamment Rahki dont le nom est souvent associé à DJ Khalil qui a signé ce producteur sur sa structure et dont les 2 beats ‘It Wasn’t Me’ et ‘Falling Down’ rappel une certaine filiation entre les deux artistes à l’image de Dr. Dre et sa team de beatmakers/musiciens. Le duo Sid Roams se fait encore une fois remarquer avec le single ‘To Be Continued’ et cet excellent ‘Well Run Dry’ avec Krondon au refrain qui confirme son talent dans cet exercice, mais si il n’y avait qu’une de leur prestation à retenir ça serait ce magnifique ‘Late For The Sky’ avec Slug et Aesop Rock. Pour être totalement complet dans la catégorie beatmaker il faut aussi citer Twiz The Beat Pro qu’on retrouve à la prod d’un ‘Strangers’ ravageur coupé par DJ Revolution qu’on retrouve pas mal de fois sur cet album. 15 morceaux que ce partage 6 beatmakers avec une unité très distincte, tout à été bien pensé et le résultat est une nouvelle fois à la hauteur des attentes nombreuses et élevés pour ce nouveau projet solo d’EV. Une réalisation parfaite de cet album qu’on peut aussi attribuer à Rhymesayers même si ses 2 précédentes sorties sur ABB Records ou Decon possédaient aussi cette même qualité, quelque soit le label le niveau est le même, le bon côté de l’indépendance…

Comme son premier album solo ce projet d’Evidence est très autobiographique, il y retrace dans ‘You’  sa carrière musicale depuis son premier contrat, s’éclate avec son grand pote Alchemist sur ‘James Hendrix’ et signe avec ‘I Don’t Need Love’ l’un de ses titres les plus personnels dans lequel il revient sur son départ précipité de la tournée de Kanye West quand il a appris que sa mère était mourante. Si ses rimes ne sont peut être pas aussi structurés qu’un Nas ou Rakim par exemple, il a pas mal de punchlines en stock et arrive à donner un côté très cinématographique à pas mal de ses titres. Le flow est toujours bel et bien là, souvent lent en effet mais on ne se surnomme pas soi même Mr. Slow Flow par hasard, ce style ne me pose pas de problème notamment avec cette voix distincte, mais je peux comprendre les réticences de certains de ce côté là. Les caractéristiques d’un projet d’Evidence sont encore les même dans ce ‘Cats & Dogs’, moins surprenant donc que la découverte ‘The Weatherman LP’ mais tout aussi bon, le membre des Dilated Peoples sait toujours aussi bien s’entourer. Beaucoup de monde citerons cet opus d’EV dans son Top Albums 2011 et j’en ferais aussi partie, tous les ingrédients que j’aime sont réunis.

Note: 9/10

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Rédigé par matic

24 octobre 2011 à 15:05

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Phonte – ‘Charity Starts At Home’

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Il manquait cruellement un album solo à la discographie de Phonte qui comprend déjà 4 albums du groupe Little Brother, 3 du duo The Foreign Exchange et des featuring en pagailles sur ces 10 dernières années. Une carrière musicale bien remplie pour cet artiste à double casquette capable d’alterner entre rap et chant, 2 facettes qu’on retrouve inévitablement dans ce projet qui marque aussi la fin de sa brouille avec 9th Wonder puisque les 2 membres de LB se retrouvent sur pas moins de 4 morceaux. Les 5 premiers titres de ce LP sont strictement Hip Hop dans leurs exécutions avec à la clé de grosses réussites dont ce délicieux ‘The Good Fight’, une bombe de 9th contagieuse ultra performante qui survole cet opus bien entourée par les très bon ‘Dance In The Reign’ et ‘Everything Is Falling Down’. Elzhi et Median viennent donner un coup de main sur 2 autres beats de 9th Wonder, respectivement ‘Not Here Anymore’ et ‘Eternally’, 2 morceaux qui bouclent une première partie d’album réussi auquel il faut rajouter le ‘Sending My Love’ produit par Stro Elliot.

Le côté chanteur de Phonte ne m’a jamais attiré et ça ne changera pas sur ce projet, un style de chant qui me laisse de marbre et qui rend l’écoute de titres comme ‘Ball And Chain’, ‘To Be Yours’ et ‘Gonna Be A Beautiful Night’ très soporifique. La collaboration ‘We Go Off’ avec Pharoahe Monch relance un peu mon intérêt mais on est loin du clinquant du début d’album excepté le très bon ‘The Life Of Kings’ (4ème et dernière prod de 9th Wonder) avec en renfort Evidence et Big K.R.I.T. pour un trio super efficace. Le dernier titre de ce projet ‘Who Loves You More’ est à l’image de cette 2ème partie d’album qui a du mal à décoller même au fil des écoutes. Ce ‘Charity Starts At Home’ de Phonte est fidèle à ce qu’il nous offre depuis pas mal d’année avec une grosse préférence personnelle pour son rôle de rappeur qu’on peut déguster pleinement en début d’album et notamment ses retrouvailles avec 9th Wonder qui resteront l’un des points marquants de cet album.

Note: 7/10

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Rédigé par matic

20 octobre 2011 à 17:30

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Tragedy Khadafi – ‘Thug Matrix 3′

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‘Thug Matrix’ sortie en 2006 reste pour moi le dernier bon projet de Tragedy Khadafi, le second (‘Thug Matrix 2′ apparu en 2007) était une sorte de compilation médiocre comme tous les projets suivant qui sont arrivés dans les bacs pendant son séjour en prison de novembre 2007 à juillet 2010. Comme le film il fallait bien une dernière partie pour boucler cette trilogie, un nouveau projet en guise d’appétitif à son prochain LP ‘The Last Report’ prévu déjà pour le début d’année prochaine. En 32 minutes Tragedy Khadafi fait du Tragedy Khadafi avec autant de morceaux street qu’il y a de titres sur la tracklist, malgré toutes les années il a toujours en lui cette rage revendicatif et ce flow perçant qu’on retrouve avec grand plaisir. Bien que très redondant le beat d’araabMUZIK offre à Tragedy Khadafi une aire de jeu intéressante pour le MC du Queens comme ce morceau ‘Black Prince’ produit par Ayatollah, et dans un registre différent les ‘ILL-LUMINOUS FLOW’ et ‘Still Breathin’ produit par Now & Laterz fonctionnent aussi plutôt bien.

Intéressant de voir la présence d’Audible Doctor à la prod de 2 titres, une très bonne idée payante puisque le résultat est sans surprise très bon avec l’excellent ‘Each One, Teach One’ qui reprend un sample d’Otis Redding et ce ‘Outsanding’ tout aussi fantastique, 2 morceaux qui n’ont que comme défaut leur durée beaucoup trop courte (moins de 2 minutes). A retenir aussi sur ce projet les 2 collaborations du regretté Killa Sha décédé en début d’année dernière, on le retrouve sur ‘Gorilla Warefare Status’ pour une virée gangsta avec Tragedy Khadafi ainsi que sur le dernier titre ‘Best Of Both Coasts’ avec King David et Planet Asia. Le principal but de ce projet est de raviver la flamme des fans en attendant le prochain album et c’est plutôt réussi de ce côté là avec un Tragedy Khadafi en forme qu’on retrouve dans ce qu’il sait faire de mieux, un ‘Thug Matrix 3′ de bonne facture illuminé par le travail d’Audible Doctor dont la présence sur le futur album du vétéran semble quasi obligatoire (qu’est ce que je serais déçu si je ne le retrouve pas dans les crédits).

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

26 septembre 2011 à 18:46

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Smoke DZA – ‘Rolling Stoned’

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Avec déjà 3 street albums sortie en seulement 18 mois (‘Substance Abuse’, ‘George Kush Da Button’ et ‘The Hustler’s Catalog’), Smoke DZA vient de sortir enfin son premier grand projet payant avec ce ‘Rolling Stoned’ (sans compter l’édition Deluxe de son ‘George Kush Da Button’). La recette ne change pas pour autant, avec une pochette sur lequel on retrouve toujours ce fidèle joint bien représentatif de l’univers revendiqué par le rappeur d’Harlem, ainsi que une brochette de featuring pesante comprenant pas moins de 11 invités sur les 12 morceaux. En confiant à 183rd la moitié des productions, le Kushedgod s’est doté d’un atout efficace comme cette intro magique et ces 2 collaborations West Coast avec Kendrick Lamar et Dom Kennedy (respectivement sur ‘Ball Game’ et ‘Pow Wow’), sans oublier l’excellent ’4 Loko’ avec ASAP Rocky. Les trop peu de morceaux où DZA est en solo ne sont pas les plus mauvais bien au contraire je trouve, ce ‘He Has Risen’ produit par Beats by Ned est plus qu’appréciable et que dire des 2 bombes livrés par Cardo on the Beat et Omen avec ces ‘We Out’ et ‘Quiet’ vraiment excellents, son flow laid back fait des ravages dans ce genre de situation.

En décidant de s’entourer de pas mal de newcomers très en vue dans le rap game, DZA apporte une certaine fraicheur à son projet et mélange même les générations sur ‘On The Corner’ produit et avec Big K.R.I.T. aux côtés du vétéran Bun B. Sur ‘Overhigh’ c’est Trademark Da Skydiver et SchoolBoy Q qui viennent donner un coup de main sur un beat de Vdon qu’on retrouve à la prod aussi du très bon ‘Personnal Party’ avec Curren$y qui referme cet album. Les fans de Smoke DZA tomberont rapidement sous le charme de ce nouveau projet qui contient son lot de très bons morceaux, pour les autres le manque d’originalité et de prise de risque rendra certainement l’écoute un peu fade au bout d’un certain temps même si le choix des beats et l’ambiance générale arrivera peut être un peu à atténuer ce principal défaut. Malgré que je trouve ce ‘Rolling Stoned’ très impersonnel avec cette multitude de featuring, ça reste un bon petit projet avec quelques gros titres à retenir bien fumant en attendant quelque chose de plus travaillé sur le fond.

Note: 7/10

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Rédigé par matic

19 septembre 2011 à 16:00

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Apathy – ‘Honkey Kong!’

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Avant d’être un de ces rappeurs indépendants emblématiques du rap game, que ce soit en solo ou avec le collectif Army Of The Pharaohs, Apathy a connu les “joies” d’être un artiste signé sur major au début des années 2000 en se liant avec Atlantic Records. Une aventure résumé habillement en 2004 par le MC du Connecticut avec la sortie de sa mixtape ‘Where’s Your Album?!!’ compilant freestyle et morceaux inédits dont des titres qu’il a enregistré pendant cette période malheureuse sur Atlantic (on y retrouve des beats de DJ Khalil et Kanye West pour les plus connus). 2 Albums plus tard dont le premier ‘Eastern Philosophy’ sortie en 2006 sur Babygrande et le second ‘Wanna Snuggle?’ (2009) sur Demigodz Entertainment, Apathy nous revient avec un 3ème opus officiel intitulé ‘Honkey Kong!’ en référence à sa couleur de peau.

Si le début d’album est du niveau de ce qu’on est en droit d’attendre d’un album d’Apathy avec ses collaborations avec Vinnie Paz (‘Honkey Kong’) et Slaine (‘Holy Ghost’) sur les 2 premiers titres, c’est vraiment à partir du 3ème morceau que ce projet bascule dans l’excellent avec notamment ce ‘The Villain’ très réussi avec Ill Bill et ce sample Bulgare ultra efficace qui marche toujours. Que dire du ‘Check To Check’ produit par Evidence et Khrysis si ce n’est qu’on atterri dans une autre dimension avec en cerise sur le ghetto ce sample d’Andre 3000 (‘Elevators’) placé en guise de refrain, un coup de génie suivie de la boucherie ‘Stop What Ya Doin’ avec Celph Titled dirigé par un DJ Premier très rock style, un morceau qui regorge de punchlines en tout genres. DJ Muggs et Statik Selektah viennent compléter la liste de ces beatmakers underground de référence dont Apathy a eu la bonne idée d’inviter sur cet album, le ‘Fear Itself’ du membre de Cypress Hill est aussi l’un de ces autres titres costaud de ce projet beaucoup plus que transcendant que le ‘It’s Only Hip-Hop’ de Statik qui reste quand même bon dans ce style.

La pression ne redescendra pas avec les morceaux ‘I Dedicate This To You’ et ‘The Recipe’, ce dernier titre avec Xzibit et cette prod sur mesure taillé par un Stu Bangas très inspiré, une collaboration de haut vol réalisé parfaitement. Pas mal de rappeurs invité sur ce projet mais au final ça ne dénature pas vraiment la dynamique de l’album, au contraire le casting étant très intelligent ceci devient l’un des points fort. Que ce soit Esoteric sur ‘Albino Gorillas’, Action Bronson sur ‘All I Think About’ ou General Steele et Mad Lion sur le ‘Never Say Never’, ce sont des artistes mis dans leur environnement et qui répondent présent au rendez-vous avec une mention spéciale pour le premier de ces titres. Une bonne partie du collectif Army Of The Pharaohs est présent sur le posse-cut ‘Army Of The Godz’, une revu d’effectif en règle qui se laisse écouter notamment entouré par des morceaux comme l’excellent ‘Peace Connecticut’ (bien servi par ce beat de Da Beatminerz et encore une fois un refrain efficace tiré d’un sample de Raekwon) et cette story telling prenante sur ’1:52 AM’ qui conclu plutôt bien cet album.

Le contenu de ce LP ‘Honkey Kong!’ est aussi imposant que sa pochette, si le travail d’Apathy est impeccable tout le long de cet opus, c’est surtout le côté réalisation de cet album qui m’impressionne le plus avec un casting qui n’aurait pas pu être plus efficace et cohérent. Un 3ème album solo qui se place en référence dans sa carrière qui avait plutôt mal débuté avec ce cul de sac chez Atlantic, et d’ailleurs si King Kong représente cette grande major, la première phrase de ce projet “King Kong ain’t got shit on me” a une signification encore plus particulière. ‘Honkey Kong!’ finira dans le Top 20 Albums 2011 de pas mal d’auditeurs et ce n’est pas une surprise étant donné la qualité affiché tout le long des 15 morceaux qui composent ce projet.

Note: 8,5/10

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Rédigé par matic

6 septembre 2011 à 00:42

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Glasses Malone – ‘Beach Cruiser’

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Rapidement signé chez Sony, Glasses Malone connaît la trajectoire typique d’un rappeur West Coast qui a un peu du buzz et qui ne résiste pas aux sirènes d’un deal lucratif proposé par une major, la fin de l’histoire est souvent la même avec des années d’attentes pour rien et un départ inéluctable de cette grande compagnie sans avoir sortie le moindre projet…. Heureusement pour Malone il est récupéré ensuite par Mack 10 qui à travers son label Hoo Bangin arrive à lui décrocher une jolie signature chez Cash Money, offrant au passage à Birdman et sa team une caution gangsta tout droit sortie des rues du Watts. L’ancien affilié au Black Wall Street de Game qu’on avait découvert avec son excellente mixtape ‘White Lightnin’ … (Sticks)’ en 2005 comprend rapidement que sans gros single il n’obtiendra pas de date de sortie pour son album ‘Beach Cruiser’, les différents essaies lancés par son label ne font pas vibrer les grosses radios et ce projet est sans cesse repousser jusqu’à cette fin d’été 2011 où Cash Money décide enfin de laisser atterrir cet album dans les bacs.

Parmi les 3 grosses tentatives de singles radio lâchés ces dernières années, le ‘Certified’ avec Akon produit par DJ Toomp est le plus convainquant, un très bon morceau comparé aux 2 autres ‘I Get Doe’ (feat. The Cataracs) et ‘Til Da Sun Come Up’ (feat. Rick Ross, Birdman & T-Pain) qui malgré quelques bonne idées dans leur construction sont dure à digérer avec tout ce superflus… En attendant la sortie de son album, G-Malone s’est occupé en nous livrant pas mal de streets albums souvent très bon et beaucoup plus proche de ce qu’on est en droit d’attendre de cet artiste typé gangsta. On retrouve aussi heureusement quelques morceaux de cette trempe dans son ‘Beach Cruiser’ notamment avec l’explosif ‘Kickstand’ produit par Yung Fokus & Djay Cas qui possède tous les atouts pour plaire aux fans West Coast, dans un genre similaire le ‘Dope’ signé par Tha Bizness est également très réussi. Il y a aussi ‘Car Wash’ et ‘Club Heaven’ qui m’ont fait tilter dès la première écoute, le premier est une jolie dédicace aux mode de vie en Californie et le second un vibrant hommage à ces personnes partis trop tôt, avec le package de Malone (style/voix/texte) il est vraiment parfait pour ce genre de titres avec ses excellentes prestations beaucoup trop rare à mon goût sur cet opus.

A la lecture de la tracklist le ‘Eastsidin’ (avec Snoop Dogg et Nipsey Hussle) et ce ‘Off Safety’ (avec Mack 10 et Latoya Williams) me parlaient déjà, le résultat final n’est pas très emballant, certes efficace sur le premier mais très décevant sur le second qui aurait du sonner West Coast si les bonnes manières ne se perdaient pas… Même le ‘Feel Good Muzik’ (feat. Latoya Williams) produit par Terrace Martin n’arrive pas à me faire vraiment décoller, ça se laisse quand même plus écouter que ce ‘Hold On (Rare Bleed)’ qui part d’un bon sentiment j’en suis sûre mais avec un Glasses Malone peu à l’aise sur ce genre de beat et ce type de refrain ça devient rapidement affreux. Mis à part Birdman on ne retrouve pas grand monde du Cash Money en featuring sur ce LP, et ce ne n’est peut être pas plus mal ainsi pour laisser place entres autres à des rappeurs de la Left Coast comme Ya Boy sur ‘Rick N Thuggin’ et ‘Jay Rock’ sur ‘No Sympathy’, ce n’est pas non plus les collaborations de l’année mais on va dire que ça reste sympathique notamment ce dernier titre produit par Meetro avec le membre du Black Hippy. DJ Toomp et Glasses Malone rendent hommage à T.I. sur leur ‘Call Me T.I.’ de bonne facture, par contre de là à mettre ce genre de morceau sur la tracklist finale de son album…

Un ton au dessus de son projet en commun ‘Money Music’ avec Mack 10 sortie il y a quelques mois, ce n’est pas vraiment étonnant de ce rendre compte qu’au final cet album se rapproche plus d’autres sorties West Coast sur major comme les derniers albums de Snoop Dogg ou Game, très loin de la qualité générale des excellents albums du Strong Arm Steady, Daz ou DJ Quik sans oublier ceux des newcomers Kendrick Lamar et Thurz chacun dans leurs univers différents. Ce ‘Beach Cruiser’ est trop hétéroclite pour se l’écouter du début à la fin sans zapper le moindre morceau, l’orientation beaucoup plus Dirty que West de certains beats n’est pas le choix le plus efficace pour le style de Glasses Malone, je retiendrais surtout ses titres typés West qui reste pour moi les meilleurs morceaux de ce projet.

Note: 6,5/10

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Rédigé par matic

1 septembre 2011 à 12:24

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Outerspace – ‘My Brother’s Keeper’

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En nommant leur nouvel LP ‘My Brother’s Keeper’ le duo Outerspace composé de Planetary et Crypt The Warchild vient d’ajouter leur projet à une déjà longue liste d’albums Hip Hop portant ce nom, mais avec un peu de recul c’est certainement le titre le plus légitime pour définir les liens fusionnels qu’ils créent quand ils prennent le micro ensemble. Dans l’entourage de Vinnie Paz depuis de longues années, le groupe de Philadelphie est un des maillons forts du collectif Army Of The Pharaohs avec un style qui pourrait définir à lui seul l’univers représenté par le crew. Le duo qui sort leur nouveau projet sur le label Enemy Soil du membre des Jedi Mind Tricks, après 3 albums sortie sur Babygrande (‘Blood And Ashes’ en 2004, ‘Blood Brothers’ 2006 et ‘God’s Fury’ 2008), a réunit sur les 13 morceaux qui composent cet opus une brochette de prods à la hauteur, c’est ce qui ressort de la première écoute et des suivantes.

DC The MIDI Alien apporte sa touche très théâtrale au  ‘Demonic Prophecies’ (feat. Ill Bill), ‘Written In Blood’ et ‘Clear Out’ (avec King Syze & V-Zilla), avec ce genre de joujou Planetary et Crypt The Warchild ont de quoi s’amuser et ils ne se font pas prier comme sur les bastos du beatmaker MTK qui signe le ‘Get Ridiculous’ avec Apathy et surtout ce remarquable ‘Bodega Gospel’ avec Blacastan et Esoteric qui restera pour moi la meilleur collaboration de cet album. Avec Nero et Vanderslice  il y a de grande chance que l’alchimie fonctionne et ça ne loupe pas avec les respectifs ‘Cold Day In Hell’ et ‘Behead The Kings’ emmené par ces guitares saturés toujours efficace pour ce style. Ce n’est pas en fin d’album qu’on retrouvera un relâchement dans la sélection des beats puissants, ce ‘World Of Fear’ concocté par C-Lance est sublime et gagne le prix de mon titre préféré de cet opus, morceau qui devance le dynamique ‘Lost Angels’ produit par Cynic avec en featuring Sick Jacken.

Tant qu’à faire autant refermer cet album avec un gros titres comme ‘Heaven’ et cette basse bien grasse à souhait, toujours des morceaux très cinématiques avec le duo Outerspace qui n’a pas changé sa recette d’un iota pour leur 4ème sortie. Planetary et Crypt The Warchild ce n’est pas forcément ma définition ultime des MCs mais ils font le taff de A à Z avec leurs univers spéciales qu’il leur est propre ainsi que les prestations qui vont avec, pas vraiment le genre d’artistes que j’écouterais avant d’aller dormir avec ce style limite oppressant. Quoi qu’il en soit il y a de quoi se faire plaisir un moment avec ce projet 13 titres téléguidés par quelques gros missiles marquants, cet album ‘My Brother’s Keeper’ est l’une des sorties affiliés AOTP les mieux produites de ces dernières années je trouve, projet réservée aux fans du genre qui ont encore la curiosité de voir ce qui se passe du côté d’Outerspace.

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

30 août 2011 à 14:11

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Jazz Spastiks & Junclassic – ‘Mode 7′

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Un petit bout du Queens mélangé à un bout d’Écosse à priori ça ne va pas donner grand chose, mais quand le quartier du Queens est symbolisé par Junclassic et que l’une des quatre nations du Royaume-Uni est représentée par le duo de beatmakers Jazz Spastiks, le résultat a de forte chance d’être intéressant. Cet album en commun ‘Mode 7′ nous replonge dans les années Native Tongues où l’influence Jazzy n’a jamais été aussi bien maitrisé dans le style Hip Hop sans parler du message véhiculé par les groupes leaders de l’époque. Les 2 producteurs Coco D et Mr Manyana n’ont pas usurpé le mot Jazz en l’incorporant dans leur nom de groupe, leurs productions Jazzy sont le grand point fort de ce projet entre samples de claviers ultra efficace et drums qui vont avec pour former un tout très convainquant. L’une des grandes réussites de cet album à été choisie comme single et on comprend tout de suite pourquoi, ce morceau ‘Bust Ya Melon’ est une pure merveille dans sa construction avec en cerise sur le gâteau ce sample bien trouvé de Busta Rhymes.

Le flow de Junclassic peut être à double tranchant, il attire vite l’oreille avec notamment cette voix mais peut aussi vite lasser sur certains morceaux au bout d’un moment, heureusement les textes sont à la hauteur des prods et même quand le MC s’aventure dans un thème très générique comme sur ‘Blunts’ par exemple ça reste très appréciable. Ce ‘Mode 7′ est un petit projet 10 titres de 7 morceaux vraiment agréables dont les ‘The Essence’ et ‘Times’ sont à citer en premier comme le dernier titre  de cet opus ‘Hot Shit!’ qui a été la première collaboration entre les 2 parties (présent sur l’album ’12 Bit Spit’ du duo Écossais sortie l’année dernière). Les 26 minutes de ce projet s’écoutent facilement 2 fois de suite et même si ça n’a rien à voir avec la musique à proprement dit, un jolie artwork est toujours un plus et cette pochette est vraiment magnifique avec ce clin d’œil à ce jeu vidéo mythique, l’album lui ne l’est pas mais nous offre un bon moment Hip Hop Jazzy.

Note: 7,5/10

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Rédigé par matic

25 août 2011 à 16:00

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Game – ‘The R.E.D. Album’

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Avec 3 albums sortie en seulement 3 ans et demi, The Game ne nous avait pas vraiment habitué à une “longue attente” entre 2 de ses projets, la faute notamment à des divers reports de sa maison de disque mais aussi à différents intervenants de poids qui sont venus en cours de route pour participer à ce nouvel opus. Depuis longtemps Game rêvait de travailler avec les Neptunes donc quand l’occasion se présente enfin, l’idée de réaliser un projet produit en grande partie par le duo de beatmaker de Virginie germe vite dans la tête du rappeur de Compton. Ajouter à cela le grand retour tant attendu en studio avec son mentor Dr. Dre et on obtient un possible album dirigé par les Tunes et Dre qui occuperaient les rôles de producteurs exécutifs selon les dires de Jayceon. Quelques singles plus tard force est de constater que la sauce Game/Netpunes ne prend pas avec des accueils vraiment très froid de la part du public, la tracklist initiale de ce projet qui devait sortir début 2010 va du coup devoir subir un énorme lifting avec un report inéluctable à la clé. Il y a aussi l’ombre du docteur sur cet album qui accapare toute l’attention des fans en plaçant les attentes sur un autre niveau, celui d’un projet qui se devait d’être aussi bon que ces prédécesseurs ‘The Documentary’ et ‘Doctor’s Advocate’.

Sans grande surprise finalement ce ‘The R.E.D. Album’ se rapproche plus de son 3ème et dernier album solo ‘LAX’, un projet qui empile différents titres assez différents avec une liste de featuring imposante. Les 2 premiers singles officiels ‘Red Nation’ (feat. Lil Wayne) et ‘Pot of Gold’ (feat. Chris Brown) sont bien représentatif de ce projet, rien de très renversant, tout ça se laisse écouter quand même mais c’est loin d’être satisfaisant. La page Neptunes et Dre est facile à décrypter, le duo formé par Chad Hugo et Pharrell ne produit qu’un seul titre avec ce ‘Mama Knows’ sans goût (comme le refrain de Nelly Furtado) et en ce qui concerne Dre il ne produit finalement aucun titre et se contente d’une participation au micro sur ‘Drug Test’ (aussi en featuring Snoop Dogg et Sly sur un beat de DJ Khalil, ça reste beaucoup beaucoup moins efficace qu’un ‘Kush’ par exemple). On connait toute l’admiration qu’à Game pour Dre, donc quand ce dernier accepte de narrer son album (1 intro, 2 interludes et 1 outro), son ex-artiste doit certainement être très content mais est-ce que c’était vraiment ce genre d’implication du Doc qu’on attendait sur ce projet?!… (au final il y a 5 fois le nom de Dr. Dre sur la pochette, du name-dropping même sur la tracklist en lot de consolation et pour faire illusion).

Partons à la recherche des quelques satisfactions, indéniablement cette collaboration avec Kendrick Lamar sur ‘The City’ est à signaler, 2 styles de rappeurs complètements différents qui donnent au final un très bon morceau, dans une moindre mesure le ‘Good Girls Go Bad’ avec Drake n’est pas désagréable (2 titres produit par Cool & Dre). Les grosses bombes sont livrées par des habitués du genre, DJ Khalil nous offrent avec ‘Ricky’ un morceau cinématique prenant et DJ Premier assure un nouveau banger avec ce ‘Born In The Trap’, sur ce genre de titres Game est quand même beaucoup plus convainquant. A noter aussi le divertissant ‘Martians vs Goblins’ avec Tyler The Creator et Lil Wayne qui passe bien ainsi que ce ‘The Good, The Bad, The Ugly’ qui n’est pas sans rappeler le style de Game sur son album ‘Doctor’s Advocate’. Les 7 premiers morceaux de ce projet donnent un début d’album plus que correct, le problème c’est qu’il en a 10 autres dernières et mis à part celui avec Primo ça reste assez médiocre… ‘Heavy Artillery’, ‘Paramedics’ et ‘Speakers On Blast’ ce n’est pas moins de 7 featuring en seulement 3 titres qui se suivent, pour faire décrocher un auditeur comme moi d’un album il n’y a pas mieux, avec surtout des morceaux lambda loin d’être mauvais mais qu’on pourrait retrouver sur n’importe quel gros projets…

‘Hello’ (feat. Lloyd) et ‘All The Way Gone’ (feat. Mario & Wale) font passer le single ‘Pot Of Gold’ avec Chris Brown pour un excellent titre, 2 morceaux signés par la team de producteurs 1500 Or Nothin’ et notamment Mars dont je comprend facilement la présence sur cet album mais quasiment inécoutable pour moi tout comme ce peu inspiré ‘All I Know’ (feat. Lu Breeze) produit par Boi-1da. Normalement le titre qui conclu un opus de Game est toujours intéressant (voir les ‘Like Father Like Son’, ‘Why You Hate The Game’ et ‘Letter To The King’ bien aidé par les participations de Busta Rhymes et Nas) et bien même là c’est raté avec ce ‘California Dream’ que j’attendais West Coast à souhait, un résultat encore une fois décevant. Pour ce ‘The R.E.D. Album’ je me serais même contenter d’un ‘LAX’ bis, qui mis à part 3 ou 4 titres très moyens contenait pas mal de très bon morceaux avec des invités souvent d’un calibre supérieur à ceux présent sur cette dernière galette (Ice Cube, Nas, Raekwon, Common, Latoya Williams, Bilal, Ludacris). L’absence de beatmaker comme J.R. Rotem, Scott Storch, Ervin ‘EP’ Pope, Nottz, Just Blaze et Hi-Tek qui avaient assuré d’excellents titres sur ses 3 premiers albums est vraiment très préjudiciable, une ambiance sonore c’était créer autour de Game et elle lui allait vraiment bien.

Le problème de ce projet ce n’est même pas le taff de Game, il n’est pas plus mauvais ni meilleur que sur ses précédentes sorties, ça reste de l’entertainment à la sauce gangsta rap avec toujours cette capacité intéressante à jongler entre différentes intonations et flow. Le grand échec de cet album c’est surtout de retrouver ce rappeur dans le gros moule des sorties Hip Hop sur major, à mille lieu de l’univers de ses 3 premiers albums dont le niveau moyen oscillait pour moi entre très bon et excellent avec un vrai style de son qui lui ressemblait. Ce ‘The R.E.D. Album’ est juste moyen avec quelques trop rares très bon titres et ne répond en aucun cas à mes attentes, ceci venant d’une personne qui a acheté et saigné ses 3 précédents albums. Peut être qu’à partir de maintenant il va falloir se contenter avec cet artiste de regarder dans le rétroviseur, réponse avec le 5ème album solo qui pourrait mettre ou non sa carrière dans le rouge…

Note: 6/10

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Rédigé par matic

23 août 2011 à 12:00

Publié dans Review

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