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[Review] The Game – The Documentary 2 / 2.5

Pour les 10 ans de The Documentary, le rappeur de Compton a décidé de voir les choses en grand en nous offrant une suite à son premier album référence, le tout avec 2 disques distincts sortis à une semaine d’intervalle. Bonne ou mauvaise idée?

Avec le temps, on ne peut pas dire que la discographie de The Game a pris de la valeur. Ces 2 derniers albums, The R.E.D. Album (2011) et Jesus Piece (2012), sont assez loin des sommets qu’il a tutoyé avec The Documentary (2005) et Doctor’s Advocate (2006). Un manque cruel d’ambition caractérisé par cette manie crispante d’inviter toujours un certain nombre de featuring comme pour palier une absence flagrante de ligne directrice.

The Game envisageait à un moment de réunir la même équipe de producteurs que sur The Documentary premier du nom. Chose qui a été vite abandonnée pour laisser place à un produit final qui, en effet puise ses racines dans son classic de 2005, mais avec une toute nouvelle touche évidente. Une suite, et son extension 2.5, qui sont aussi logiquement influencées par le climat actuel qui a remis Compton au centre du rap game, que ce soit avec le biopic sur NWA, le projet de Dr. Dre ou le phénomène Kendrick qui ne s’estompe pas.

The Documentary 2
L’album s’ouvre avec One Me et Step Up dont on retiendra surtout le featuring de Lamar sur le premier morceau cité, ainsi que le travail éclectique de Bongo à la prod, le beatmaker qu’on retrouvera avec plaisir tout au long de ce projet. Mais c’est Don’t Trip qui marque pour moi le vrai point de départ. Avec ce titre dirigé par will.i.am, sur lequel Cube et Dre sont aussi de la partie, on obtient ce qui sera l’ADN de cet opus: des invités convaincants et des prods originales (souvent avec un très bon sample).

En parlant de sampling, vous aurez certainement reconnu le On & On d’Erykah Badu et le Step Up In The Arena de Gangstarr sur les 2 premiers morceaux, comme cette ré-interprétation du Kick In The Door de Biggie sur ce Standing On Ferraris parrainé par Diddy. Le dernier titre cité très représentatif du côté East Coast qui survole certains tracks de ce projet, The Game n’a jamais caché sa fascination pour la ville de New York notamment, et sa scène des années 90. Que les fans West Coast se rassurent, la version 2.5 est une ode au son Californien, j’y reviendrai plus tard.

La suite de l’album épouse les bases des morceaux précédents, comme ces Dollar And A Dream et Made In America (avec Ab-Soul et Mvrcus Blvck) qu’on ne peut pas dissocier. On monte en intensité avec Hashtag, une collaboration rythmée en compagnie de Jelly Roll qui y tient le rôle principal. On appréciera aussi la présence de Q-Tip sur la 2ème partie du morceau Circles, tout comme ce planant Dedicated juste excellent sur lequel Future assure le refrain.

À mi-album on a déjà pas mal de motif de satisfaction dans ce projet de The Game & Friends, il y a vraiment une ambiance qui essaye d’être tenu, un effort des plus appréciable. S’en suit 3 de mes coups de cœur avec Bitch You Aint Shit, Mula et The Documentary 2. Des prestations excellentes qui font basculer l’album dans la catégorie supérieure. Que ce soit avec Kanye ou DJ Premier, l’association avec The Game aboutie toujours sur des bons moments pour nos oreilles.

Les derniers morceaux sont juste une formalité, on reste dans le ton, que ce soit avec ce New York New York ou ce Just Another Day qui reprend l’un des titres (Where I’m From) du The Documentary premier du nom. Le single 100 avec Drake est assez efficace, tout comme LA qui pourrait être son prochain hit. Ce morceau qui referme ce projet, avec en invité Snoop Dogg, will.i.am et Fergie, devient vite addictif grâce notamment à ce sublime sample du titre Savoir Faire du groupe Chic qui fait toujours son effet.

Pour conclure sur ce premier disque, ce projet me fait penser un peu à son 3ème album LAX, sous estimé par beaucoup à mon avis. Un opus solide avec des invités sur quasiment tous les titres et avec un auteur qui y joue parfaitement le rôle d’hôte. Le name dropping caractéristique du style de The Game atteint son apogée, mais on ne peut pas reprocher au rappeur de CPT de ne pas s’appliquer, de façon générale il sort pas mal de gros couplets (surtout sur les titres où il n’en a qu’un seul à faire).

Largement plus convaincant que ces 2 dernières sorties, sans toutefois atteindre le niveau de ces 2 premiers essais quasi parfait dans le genre, The Documentary 2 reste un très bon album surprenant à plusieurs égards, et qui est rapidement prolongé par une seconde version tout aussi riche et intéressante…

The Documentary 2.5
C’est par cette interlude intitulée New York que s’ouvre ce second disque, The Game y raconte cette fameuse soirée à NYC où 50 Cent annonce en direct sur une radio qu’il a décidé de virer le rappeur West Coast du collectif G-Unit. La suite vous l’a connaissez, un beef mémorable entre les 2 artistes qui aboutira par le départ de The Game du label de Dre.

Le ton est donné, et cette interlude servira de fil rouge pour la suite de l’album, on y retrouvera un Game des plus nostalgique et mélancolique (Gang Related) rendant hommage entre autre à cette période dorée du Gangsta Rap du début des années 90 (Last Time You Seen), à travers différentes références très caractéristiques de cette époque (Intoxicated). Un second disque typé donc très West Coast, que ce soit dans ses invités ou ses prods, l’enchaînement des titres Quik’s Groove, Outside, Up On The Wall et My Flag/Da Homies en est le meilleur exemple.

On retrouve aux commandes de ces 4 morceaux DJ Quik, Battlecat, Travis Barker et DJ Mustard avec pléthore d’invités tous originaires de la côte Ouest. Ajouter à cela l’excellent Gang Bang Anyway avec les 2 autres membres du Black Hippy qu’on n’entend pas sur le premier disque (ScHoolboy Q et Jay Rock), et vous avez sur ce second disque de quoi réjouir ceux qui pointaient du doigt le manque de titres à consonance West Coast sur le disque précédent.

On retrouve aussi sur cet opus le noyau dur de la soundtrack Compton de Dr. Dre, que ce soit Anderson .Pakk sur Magnus Carlsen et Crenshaw, ou King Mez, JT et Jon Connor sur ce sublime Moment Of Violence. Nas et Lil Wayne sont des invités récurrents des projets de Game, ils répondent une nouvelle fois présent avec les très bons The Ghetto et From Adam. Et comme sur le premier disque, il y a en toute fin de ce projet un gros clin d’œil à l’album original avec cette 2ème partie du morceau Like Father Like Son sur lequel on retrouve les enfants de The Game.

The Documentary 2.5 apporte une vraie plus-value à cette première partie The Documentary 2. Deux disques qu’il est difficile de dissocier, et qui rassemblés, nous offre un projet de plus de 2h cohérent, et qui va réconcilier beaucoup de monde avec The Game. Un artiste capable du meilleur comme du pire, et qui a visiblement choisi la première option sur ces 2 nouvelles sorties.

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